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Réalisatrice



« Réalisatrice happée par la vie des autres, Laure Pradal a fait du documentaire social sa spécialité. Devant sa caméra, des anonymes prennent la parole, deviennent acteurs en incarnant leurs propres existences par le prisme d’un angle singulier capable de puiser l’extraordinaire dans le réel. »

LAURE PRADAL, Réalisatrice

 

 

La vie de Laure Pradal ressemble, à s’y méprendre, à celles qu’elle filme à travers ses documentaires. Passée par des études et un début de carrière scientifiques, elle se reconvertit en 1998, à plus de 30 ans et choisit de tourner des documentaires. « Après un licenciement, j’ai vu une annonce du SUFCO proposant des formations à la réalisation audiovisuelle à Montpellier. J’ai fait mon dossier en un week-end, caché ma grossesse et été retenue. J’ai réussi à boucler mon documentaire de fin d’études en juin, juste avant la naissance de ma fille. » se souvient la réalisatrice.

Ce premier film, Jean Carrière ou l’aube retrouvée (1998), co-réalisée avec Dominique Guerrero s’attache à suivre le lauréat du prix Goncourt 1972, sur ses terres gardoises. Viscéralement attachée à la forme documentaire, plus souple, plus instinctive que la réalisation de films de fictions, Laure Pradal aime surtout suivre ses personnages dans leurs intimités. « J’avais moins de patience que mon frère, Manuel Pradal, que je voyais passer un temps fou à chercher les financements pour tous ses long métrages pour le cinéma et ne tourner que tous les 4 ans. J’avais envie de tourner plus vite, plus souvent. »

Presque combustible, son énergie la mène vers des enfants en pleine découverte de l’existence dans Deux saisons pour grandir (2000). Parmi le paysage audiovisuel, peu de réalisateurs pratiquent l’immersion dans ce monde infantile. Un trait particulier qui séduit l’émission documentaire Striptease. Laure Pradal réalise une quinzaine de courts métrages pour le programme privilégiant l’absence de voix off. « J’ai beaucoup tourné pour Striptease, ça a été une excellente formation. »

Derrière sa caméra, la réalisatrice s’efface, se glisse chez ceux qui la laissent rejoindre leur quotidien ordinaire. Ce travail documentaire, d’écriture et d’observation, nécessite à la fois empathie et regard critique. « Le documentaire permet de donner une voix à ceux qui sont invisibles. Il permet aussi d’utiliser un éventail créatif très large, en mettant les outils de la fiction à son service. Faire du didactique ou du pédagogique ne m’intéresse pas. J’aime quand la réalité fictionne. Il y a pleins d’histoires extraordinaires si on observe bien. » affirme-elle. A la recherche incessante de dispositifs cinématographiques différents, elle s’est attachée à filmer peu de plan extérieur pour Le Village Vertical (2009), dans la tour d’Assas, afin d’incarner à l’écran l’enfermement des habitants prisonniers de l’architecture du bâtiment. Pour En quête de justice (2014), tourné en partie à Lunel (Hérault) sa caméra se focalise sur une famille en attente d’un verdict judiciaire, jusqu’à se fondre dans le sujet : « Ma présence peut être oubliée quand les gens vivent une actualité importante. Ce métier nécessite de savoir regarder de longues heures et d’aimer ça. »

Happée par les histoires successives qu’elle traverse, Laure Pradal change de décors au fur et à mesure des tournages. D’environ un mois, ses documentaires investissent des lieux familiers ou inconnus, permettent « une étanchéité entre tous ces univers ».
Pour cette réalisatrice qui ne sait pas « filmer hostile », il faut savoir garder de la distance avec son sujet pour réussir à le capturer et à montrer ses failles. De cette absorption du réel et de sa transfiguration, l’effet de surprise s’inscrit comme la pierre angulaire du processus de réalisation de la cinéaste. « L’écriture, les repérages sont importants pour construire en amont un cadre et ainsi faire face plus facilement à l’imprévu inhérent à tout documentaire, je m’ennuierais si je savais ce qui allait se passer. » Entre la plage et le village vertical, dans le documentaire, tout peut arriver. Pour Mimi (2017), Laure Pradal a suivi durant 16 ans son personnage. Pas de quoi s’ennuyer.

 
 

5 dates qui ont marqué le parcours de Laure Pradal :

1962 : naissance en Ardèche
1998 : premier documentaire intitulé Jean Carrière ou l’aube retrouvée (co-réalisé avec Dominique Guerrero)
1999 : débuts pour l’émission Striptease
2011 : travail avec le sociologue Jean-Didier Urbain pour Parasols et crustacés tourné à Palavas
2017 : réalisation de Hors les murs

5 films qui ont marqué le parcours de Laure Pradal :

2017. Mimi
2014. En quête de justice
2011. 1968, journal d’une inconnue
2009. Le Village Vertical
2000. Deux saisons pour grandir